Ma pratique s’ancre dans une attention prolongée au paysage. La déambulation dans les milieux dits « naturels » à travers le déplacement à pied induit un rapport spécifique au temps et au corps. Dès que possible, je m’échappe du panorama urbain pour aller marcher et explorer la campagne et le littoral bretons. Ce sont ces escapades, par la contemplation et les moments d’élucubration qu’elles permettent, qui sont le point de départ de mon travail plastique. À l’occasion de ces escapades, le regard circule, de façon à éprouver à la fois l’étendue du paysage et ses détails les plus discrets. À l’atelier, cette lenteur se prolonge à travers le choix des médiums utilisés qui exigent dextérité, répétition et ténacité : broderie, tricot, bas-reliefs en tissus, dessin aux points de croix, etc. Le fil, le point, la trame permettent de réinterroger lentement le paysage. À distance des rythmes accélérés qui dominent aujourd’hui les modes de production et de perception, le paysage n’est pas saisi dans l’instant : il se dépose, se recompose et se révèle.
QUENTIN YVELIN
Nouveau dossier
Quentin Yvelin, développe un travail photographique fait de rencontres, de voyages et de récits. Dans son univers, les corps – nus ou flous – se mêlent à la végétation et s’approprient une existence plus rustique, loin de toute modernité. Les étincelles de feux rituels ou l’éclair d’un flash traversent la nuit font des forêts des lieux mystiques, terres d’interrogations et d’initiations. Anonymes, les personnages capturés par l’artiste deviennent des symboles, des allégories que le regardeur est libre de s’approprier. Le noir et blanc, la couleur, la pose et l’instantané, le documentaire ou le poétique se rencontrent ou se croisent, se questionnent. Il y a dans ses images, quelque chose de suranné, une tension entre la mélancolie et l’étrangeté, entre le fragile et le brutal. (…)
Un parcours thématique proposé par Thibault Brébant, responsable des publics au centre d’art Passerelle à Brest et fondateur du Studio Allumette.
All you need is love, love, love is all you need… Ce refrain bien connu des Beatles me reste longtemps en tête après avoir coupé le moteur de ma Dacia Logan. À force de ruminer ces quelques mots dans l’enceinte de mon cerveau, une impérieuse question s’impose à moi : mais d’où nous vient un tel besoin d’amour ? La question est complexe, la journée déjà longue et d’autres missions m’attendent au pas de la porte. Comme plusieurs centaines de millions d’utilisateurs hebdomadaires, mon premier réflexe est d’interroger l’IA conversationnelle ChatGPT. Il s’agit de la question la plus profonde que j’adresse à une machine, je n’ai pas le temps d’en être ému, sa réponse est déjà là : Notre besoin d’amour […]
All you need is love, love, love is all you need… Ce refrain bien connu des Beatles me reste longtemps en tête après avoir coupé le moteur de ma Dacia Logan. À force de ruminer ces quelques mots dans l’enceinte de mon cerveau, une impérieuse question s’impose à moi : mais d’où nous vient un tel besoin d’amour ?
La question est complexe, la journée déjà longue et d’autres missions m’attendent au pas de la porte. Comme plusieurs centaines de millions d’utilisateurs hebdomadaires, mon premier réflexe est d’interroger l’IA conversationnelle ChatGPT. Il s’agit de la question la plus profonde que j’adresse à une machine, je n’ai pas le temps d’en être ému, sa réponse est déjà là :
Notre besoin d’amour plonge ses racines à la fois dans la biologie, la psychologie et la culture :
• Biologie et survie : Dès la naissance, l’être humain est totalement dépendant des autres. L’amour, ou du moins l’attachement, assure la proximité avec ceux qui prennent soin de nous. Ce lien a donc une fonction vitale : il garantit protection, nourriture et sécurité.
• Psychologie et développement : Les théories de l’attachement (Bowlby, Ainsworth) montrent que l’amour et la sécurité affective reçus dans l’enfance façonnent notre équilibre émotionnel. Être aimé nous aide à construire une identité stable et à développer l’estime de soi.
• Neurosciences : Le contact, l’attention et la reconnaissance activent dans notre cerveau des circuits liés au plaisir (dopamine), au lien (ocytocine) et au bien-être (sérotonine). L’amour a donc un effet apaisant et stimulant à la fois.
• Culture : Dans toutes les civilisations, l’amour est chanté, idéalisé, ritualisé. Il répond à notre quête de sens, d’appartenance et de reconnaissance. Être aimé, c’est se sentir exister pour quelqu’un d’autre.
En somme, notre besoin d’amour vient du fait qu’il est indispensable à la fois pour survivre, pour nous construire intérieurement et pour trouver une place parmi les autres.
Habituellement, je suis admiratif de son sens de la synthèse, mais cette fois-ci, le fond et la forme de la réponse ne sont pas du tout en adéquation avec la question. La réponse du chatbot est décevante. Je suis déçu, abasourdi : c’est un échec.
Dans ce genre de moment, je saisis un balai et balaie pour garder la tête froide, de préférence dans la cuisine. J’ai remarqué que c’est plus efficace, car c’est là où il y a le plus de choses à balayer. La déception est toujours présente, mais déjà je prends conscience de mon erreur : du manque flagrant d’investissement que j’ai fourni pour obtenir des réponses satisfaisantes à la question posée.
Tout en balayant, je repense à ma journée, à comment j’en suis arrivé là, et soudain je revois Christine Finizio me rappeler entre deux portes mon engagement à proposer un parcours thématique pour le site Documents d’Artistes Bretagne.
Merci balai, merci ! Je retourne à mon bureau et, en quelques clics, je me promène sur le site du DDAB comme dans une carte du Tendre. De nombreuses œuvres et leurs titres révèlent et interrogent les multiples facettes de l’amour, des liens et du désir.
Bien sûr, cela me demande plus de temps et d’efforts que ma première tentative avec ChatGPT, mais je ne suis pas déçu : les contenus sont souvent drôles, polysémiques et surprenants. L’ergonomie du site est excellente, la documentation fournie et précise. Je suis sur un petit nuage (de données) :
La tendresse : 10 mots doux à partager de Camille Bondon
Les lieux de rencontres : Promenons-nous de Vincent Gouriou
Le désir : Que salive l’horizon de Julie C. Fortier
Les papouilles : Demande de suçons de Christelle Familiari
Les fétiches : La cagoule des amoureux de Christelle Familiari
Le plaisir : 65 jours de plaisir de Camille Bondon
Les pièges : Le piège de Julie C. Fortier
Les urgences : Ambulance for making love de Francesco Finizio
Le couple de super-héros : Superheroes de Camille Girard et Paul Brunet
Le couple super roots : Super roots de Camille Girard et Paul Brunet
La famille : Histoires de famille de Damien Rouxel
Les enfants : Bébé lune de Guillaume Pinard
La distance : The tyranny of distance de Julie C. Fortier
Le deuil : Le geste de deuil de Christelle Familiari
La mélancolie : Tout est bleu de Vincent Gouriou (Clip vidéo réalisé pour Miossec)
La solitude : Ibiza Solo de Thomas Auriol
L’amitié : Les amies de Camille Girard et Paul Brunet
Je finis par découvrir que même les institutions sont sentimentales. Dans l’œuvre Capital Romance, Anaïs Touchot propose aux visiteur·euses d’évaluer leur compatibilité amoureuse avec le Palais de Tokyo.